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Suprême Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem Pour La France

Histoire de l’Ordre

Une Histoire moderne de l’Ordre

Toute information sur la franc-maçonnerie en général et sur les Rites pratiqués en particulier appelle à plus d’attention lorsqu’elle est accessible à tout un chacun : elle doit être à la fois pertinente pour les Initiés et intéressante pour les visiteurs occasionnels de ce site.

Ceci est d’autant plus vrai quand il s’agit d’aborder une Franc-Maçonnerie peu connue qui est celle des Degrés « complémentaires » ou « de perfection » au Grade de Maître, ceux que les Anglais appellent, avec le pragmatisme que nous leur reconnaissons bien, « beyond the Craft ».

Même l’Histoire de l’Arche Royale et de son origine s’avère difficile à préciser.

Jusqu’en 1725, la Maçonnerie ne comportait que deux Degrés, celui d’Apprenti et celui de Compagnon, chacun d’entre eux apportant à l’Initié un cursus d’élévation surtout morale mais également spirituelle propre à son Grade. Ce Compagnon pouvait éventuellement devenir Maître de Loge, ou Compagnon accompli.

La volonté d’aller plus loin dans la recherche de soi, et notamment dans l’appréhension que nous pouvons avoir de la mort, fit évoluer une partie de son contenu vers un Degré de Maître à part entière, pour lequel fut développé non pas une légende mais un mythe : celui de l’assassinat d’Hiram, architecte du Temple de Salomon, par les « mauvais compagnons ».

Très rapidement, ce mythe et le fait d’en limiter le déroulé à la mort de l’architecte et à la recherche des meurtriers apparurent vite frustrants aux protagonistes du XVIIIe siècle. Si les trois premiers Degrés permettaient à l’adepte de travailler sur “les petits mystères”, aborder “les grands mystères” nécessitait de faire appel à d’autres traditions.

C’est ainsi que, dès 1725, on trouve des traces d’un Arc, et, jusque dans les années 1750, des manuscrits attesteront de manière plus ou moins claire d’un Degré ou d’un contenu mentionnant une arche ou, selon les origines, une crypte.

L’idée est bien d’aller chercher dans les profondeurs ce qui pouvait éventuellement nous être inaccessible dans « les cieux ».

L’arche Royale naissait ou s’organisait.

La première mention indiscutable d’une telle organisation est la création d’un premier Grand Chapitre en 1766. Il est intéressant de noter que tous les Rituels qui nous sont connus avant 1780 sont en français… Ajoutons qu’était associé au Royal Arch un rituel d’armement au KT, soit les Knight Templars, ou Chevaliers du Temple.

Il est également à noter que la première Grande Loge ne fit pas obstacle à l’indépendance de ce Grand Chapitre, du moment que les Frères fréquentaient également les Loges de l’Obédience. La Grande Loge des Antients préféra, quant à elle, l’intégrer aux Loges qui travaillaient déjà aux trois premiers Degrés.

L’ouverture en Chapitre se faisait généralement à la suite d’une tenue de Maître et selon les besoins de l’ordre du jour.

Modern ou Ancient, le contenu que nous pratiquons aujourd’hui ne s’écarte pour ainsi dire pas de celui que nos ancêtres pratiquèrent à partir de 1834.

La richesse de l’Arche Royale inclina les Frères à développer d’autres Ordres (comme La Marque, dont la présence est déjà bien attestée à la fin du XVIIIe siècle), tant chaque thème abordé pendant la cérémonie de réception d’un nouveau « Compagnon » peut faire l’objet d’un questionnement multidirectionnel.

Contrairement à d’autres systèmes ou juridictions, comme celle du Rite Écossais Ancien et Accepté en 33 Degrés, il n’est fait mention nulle part d’un quelconque « Ordre » mondial de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, tant ce Degré est censé compléter l’Initiation du Grade de Maître en le rattachant avant tout à une Loge. Dans un contexte de « reconnaissance » entre puissances maçonniques, ce point a son importance.

Il est bon également de spécifier que nous observons trois pratiques différentes de l’Arche Royale selon que nous travaillons au Rite dit Standard d’Écosse, au Rite York ou au Rite de style Émulation auxquels se rattache exclusivement ce Suprême Degré.

Le Suprême Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem, lui, s’inscrit dans la logique initiatique de la pratique anglaise. Bien entendu, tout Maître est le bienvenu, pourvu qu’il s’adonne à la méthode appropriée, le “par cœur”, et fasse l’effort de connaître le Rite de style Émulation pour mieux appréhender le contenu initiatique qui lui est proposé en Chapitre.

Fondements bibliques de la Sainte Arche Royale de Jérusalem

Comme l’ensemble des Rites maçonniques, la Sainte Arche Royale de Jérusalem n’échappe pas aux références bibliques de l’Ancien Testament, également appelé Ancienne Alliance.

Les trois premiers Degrés étant attachés à la construction du Premier Temple de Jérusalem, il est donc logique d’aller plus loin en évoquant la construction du Second Temple (voir, ci-contre, une maquette de reconstitution à Vienne).

À chacune de ces constructions s’adosse une Loge. Il s’agit, respectivement, de la Loge sacrée, ou Seconde Loge, présidée par le roi Salomon, et la Troisième Loge, ou Grande Loge Royale, présidée par Zorobabel, Aggée et Josué.

La Première Loge, ou Loge Sainte, quant à elle, est associée à l’Arche d’Alliance que l’Éternel prescrivit à Moïse de construire dans le désert du Sinaï, et c’est pourquoi cette Loge Sainte est présidée par Moïse, Oholiav et Betsaleel.

L’histoire développée dans le Rite se lit sur plusieurs niveaux comme autant de papiers calques qui se juxtaposeraient l’un sur l’autre pour ne former qu’une trame sur laquelle s’appuient divers motifs.

Elle permet avant tout au Maître de retrouver les authentiques secrets perdus à la mort d’Hiram, l’architecte du Premier Temple. Cette découverte se fait à l’occasion de la préparation du terrain qui recevra les fondations du Second Temple.

Le récit commence à son retour d’exil de Babylone lorsqu’il se présente devant le Grand Sanhédrin (prononcer Sanhédrine) : il désire participer aux travaux du Second Temple.

Assisté de deux Compagnons, il va s’adonner à cet humble travail de défoncer le sol, de le préparer et d’en retirer les décombres des ruines du Premier Temple. Quelle ne sera pas sa surprise de trouver ainsi l’antique caveau où ces secrets avaient été scellés !

En dire plus ici n’aurait aucun sens pour le non-Initié ou le non-Exalté, terme approprié pour l’accueil d’un nouveau membre au sein d’un Chapitre (nous y reviendrons).

Insistons simplement sur la richesse de la cérémonie, tant en émotion qu’en contenu, sur lequel nous reviendrons également plus loin.

Il est important de dire ici que la trame de ce chantier, où des personnages distants parfois de plusieurs siècles se côtoient, n’est qu’un prétexte mythique pour explorer ces grands mystères sous plusieurs formes. La cérémonie d’Exaltation, qui est le fondement même de toute réunion en Chapitre, fait appel aux archétypes des plus anciennes traditions gnostiques, voire des plus anciennes traditions païennes. Chacun de ses items sera souvent développé dans d’autres Side Degrees, ou Degrés Collatéraux, afin d’apporter des lumières parfois qu’à eux seuls le “par cœur” et l’ascèse de cœur et d’esprit ne suffisent pas à atteindre.

Le Degré de l’Arche Royale : un Suprême Degré

Pour clore cette rapide présentation, affirmons, avec le Rituel, qu’il ne s’agit pas d’un quatrième Degré, et ce pour plusieurs raisons.

Ainsi, la « pure et ancienne Maçonnerie consiste en trois Degrés et pas plus, soit l’Apprenti entrant, le Compagnon de métier et le Maître Maçon, incluant l’Ordre Suprême de l’Arche Royale » (Règlement général de la Grande Loge Unie d’Angleterre). Nous allons voir que cette inclusion est en fait une extension naturelle.

Le Rite de style Émulation, ainsi que nous l’avons déjà évoqué, n’est pas un Rite scalaire : un troisième Degré n’en amène pas un quatrième puis un cinquième et ainsi de suite.

Chaque approfondissement d’une partie du Rite ou chaque exploration de celui-ci donne lieu à un Ordre qui, lui-même, parfois, se subdivise en plusieurs Degrés. On parle ainsi des Degrés cryptiques, de La Marque, de l’Ordre Maçonnique et Militaire de la Croix Rouge de Constantin, etc.

Le Degré de l’Arche Royale, en tant que Suprême Degré de la Franc-Maçonnerie (anglo-saxonne, s’entend) d’une part contient en lui le développement de tous les autres Ordres et, d’autre part, permet à l’adepte la mise en contact avec le Principe même, d’où le terme d’Exaltation (au sens premier d’action de porter vers le haut, et non de surexcitation).

À cette seule condition, l’Initié peut réunir à terme les trois pouvoirs acquis lors d’une progression régulière dans le Chapitre : les pouvoirs prophétique, sacerdotal et royal.

C’est toute l’ambition que nous souhaitons pour nos membres, tout en sachant que le chemin est long.

Consulter également l’onglet Déclaration de Principes